vendredi 13 mai 2016

Sable Rouge







- d'enfouissement - 



Le puits du soleil est un trésor sous le sable
les rayons s'enfoncent d'émotion en flux, reflux, 
serrent la paroi, l'humide cavité palpite et larmoie, joyeuse, 
toute vivante à la douce lumière, et tendre, et forte, 
bien chaude elle illumine les bordures des yeux voletant
papillons de plaisir
aux ailes de roches, levées friables, 
tempos fragiles, 
qui durent encore...
et reviennent en fredonnements criés
granulés balancés de petites en petites morts 
aux vents furieux, tempêtes de bruits moelleux, ouragans de chairs

et puis
le flux et le reflux amènent le calme dans la profondeur 
du sable l'enfouissement tendre, la terre apaisée
mais frémissante toujours, persistante continue
sur le fil rouge de la poudre d'amour, balaie les continents
dans un tremblement de passion, tremble la vibration des jours
des jours heureux
ils ouvrent les gouffres pour d'autres mers, des eaux nouvelles
la houle recommencée qui inonde les dunes
chante entre elles
éclabousse, clapote, va et revient, mer folle
chargée d'écume
chante encore, souffleur malin, dans les douceurs troglodytes
qui montent et font monter la terre
qui grignote les falaises affaissées sous les vagues en baisemain 
d'un baiser qui veut bien
au goût d'une fleur de sel qui se laisse cueillir

Le sable mouillé imprime les pas et les conserve
les relit comme des traces immuables
archivées au plus profond du sol 
en état de vibration absolue
dans la sublime migration des cœurs deux-à-deux
comme peuvent aller les nuages sur la surface de nos regards -
transhumance des bêtes qui se cachent
en direction du plus lointain des déserts


s'enfuir, s'enfouir dans la résonance éternelle
et le vide qui endort tous les drames ;
près de l'onde des lacs 
coulent en secret
des romances intimes et des âmes dénudées
de quelques vies parsemées aux quatre coins de l'amour 

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