mardi 22 novembre 2016

Ma Fille de Joie







Toi l'héritière de Walt Whitman
Écoute du fond de tes doigts
Hérite de ses mots, ma Dame, 
Entame ton chant, ma Fille de Joie

Ta chanson plaintive, et morte, marine
Lancée des plages choquées d'absence, 
Frappe l'horizon, et sa langue saline, 
Lape des baisers, des vents de sens

De sens arrière, par vent contraire, avance
En longeant les cotes tempétueuses
Tu ouvres un rire, tes falaises dansent
Pour l'océan et ses houles heureuses ! 

Ma Fille, ô ma Fille de joie constante
Ta roche éclabousse un bonheur d'écumes
Ma Fille, si ta surface est consentante
Laisse donc rugir la mer qui fume...




II



J'ai demeure à l'Impasse des Plaisirs
Là où travaille ma Fille de Joie 
J'habite où elle habite, à loisir, 
Dans sa mansarde là sous son toit. 

A chaque palier je l'appelle fort
La voix tonne dans la cour intérieure...
Elle me répond parfois qu'elle dort
Mais je sais qu'elle est d'humeur.

D'humeur à quoi ? A la promenade
Pour me croiser comme chaque jour
Pour simuler une belle sérénade
Et monter ensemble, toujours, toujours, 

Monter pour toucher le profond-ciel
Trouver le rire caché parmi les draps
De ses cheveux et de feu et de miel
On brûle et on coule, en bas, tout bas, 

Mon argent a le son du mot clair
Qui illumine et conte tout son foyer 
Oh, elle ne vit pas en solitaire 
J'habite sa Joie, elle mon loyer. 

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