mercredi 26 avril 2017

Sable Rouge





- d'évasement  -




Ses pleurs ont la chaleur du sable
le toucher du sable
brûlé par tous les feux
à toutes les chapelles
carnage livré aux chiens 
des doigts forts
- stylos éternels enroulés 
par la moiteur d'un ciel brut
les dégâts ont le goût de la pluie
drue -

Les grains se déversent en nappes lacrymales
pages nouvelles d'accents du sud
du sud vers le sud de nulle part
vers le plus grand
désert connu / trouver dans la chair
du soleil
les objets des anciens corps laissés ça et là :
musiques anciennes, transes
abandonnées
livrées quand les deux
hémisphères s'écartent
pour  loger les constellations
l'enfant sauvage et le rire du fou
et l'espoir porté entre les mains de chaque humanité
recommencée sans
cesse sans cesse
et encore une fois de plus, puisqu'on renverse
les sabliers

ils se pâment d'avance
lacs souterrains enfin ! oasis de pureté enfin !
le ciel déverse des prisons d'orages
l'infini alors devient deux mains
qui s'étreignent
qui palpitent qui pulsent au rythme terrible
de la soif qui s'éprend au fond des vases
quand on s'évade
derrière la dernière dune qui dormait paisiblement
quand on relâche
les fruits mûrs des rochers
impassibles et durs

Je reviens toujours ici, ma peau se tient
correctement
dignement parce je suis
ici
ma peau est
un paysage
de sable, de rouille, de rayons et d'un cri
dans la nuit
un blues qui porte un prénom murmuré à voix basse
respiration en grains pourpres, à la file du langage
malin
un secret bien gardé au bord
de nos cavernes
qui sont des plages vivantes, des cœurs
en phase terminale 
d'indigo sang



mourir entre tes bras, à l'insu du jour

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