dimanche 6 août 2017

Qingdao centre




Des rues vides des rues grises
Des hauteurs illimitées
Des espaces sans barrières
Le possible est là - à perte, de vue.

Où l'horizon s'épuise dans le bâtiment
je suis la fourmi dans Qingdao
comme le grillon chante dans le parc
comme les klaxons courent sur les toits
de l'échangeurs à étapes
balcons sur autoroutes
chambres sur pots d'échappement
salons sur gaz
à tutoyer le ciel la vue la ville
je suis la fourmi dans Qingdao

j'erre d'échoppes en échoppes
mille odeurs, la friture, le gaz, tortues vivantes prêtes
à quoi au fait...odeurs de viande, de crasse, misère
et sourires, l'odeur des sourires, des billets de Mao
dix mille odeurs, en fond le gaz la fumée comme relent
ingrédient éternel de la marche
je suis la fourmi dans Qingdao

des rues vides des rues grises
elles sentent le neuf et le déjà fatigué
elles respirent à l'agonie leur inauguration
dans leurs néons du soir, pour faire claquer le ciel
pour donner dans la guirlande cache-misère
je suis la fourmi dans Qingdao
au travail dans l'usine du Tiers-Monde
même si elle devient banque
aux billets qui voltigent sur les terrains vagues
au quatre coins de nulle part

De la beauté expire ici au bout
d'une rue où des vieilles dansent ensemble
deux chiens obéissants attendent du coin de l’œil
la fin des pas la fin de la nuit la fin des lumières
je suis la fourmi dans Qingdao
qui parfois danse, parfois sourit, mange toujours
et marche
et continue
et marche
dans l'horreur et la fascination soudaine
véritable révélation
du bonheur entre les tours

je suis la fourmi dans Qingdao


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